 Les pas des légions avaient marché pour lui,
Les voiles des bateaux pour lui s'étaient gonflées.
Pour lui les grands soleils d'automne avaient lui.
Les voiles des bateaux pour lui s'étaient pliées.
Les éléphants d'Afrique avaient marché pour lui
Du fin fond des déserts jusqu'aux portes de Rome.
Et pour lui les soleils d'Israël avaient lui,
Du haut du Sinaï jusqu'au fin fond de l'homme.
Et les pas d'Alexandre avaient marché pour lui
De son jeune berceau jusqu'à sa jeune mort.
Il était le seigneur de l'un et l'autre port.
Il était le seigneur d'hier et d'aujourd'hui.
Et les pas de César avaient marché pour lui
Du fin fond de la Gaule aux rives de Memphis.
Tout homme aboutissait aux pieds du divin fils.
Et il était venu comme un voleur de nuit.
Les rêves de Platon avaient marché pour lui
Du cachot de Socrate aux prisons de Sicile.
Les soleils idéaux pour lui seul avaient lui
Et pour lui seul chanté le gigantesque Eschyle.
Il allait hériter d'un monde déjà fait,
Et pourtant il allait tout jeune le refaire.
Il allait procéder de la cause à l'effet
Comme le Fils procède en descendant du Père.
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